Je suis une petite gazette bien modeste, assez jeune et super effrontée. Complètement fanatique de démocratie et de liberté d’expression, je ne me prends absolument pas au sérieux. J’accepte tout, absolument tout, pour peu que cela soit la stricte vérité ! Je ne supporte ni l’intolérance ni le racisme. Dans mes colonnes j’accueille avec un esprit ouvert et libertaire, qui veut écrire pour peu que cela soit bien tourné, superbement impudent et absolument pas malséant.
Chrony Coeur
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Reçu par Mail Wed, 31 May 2006 18h14'46" - Auteurs : OPERA & JABIRU

OPERA
Opéra : Le ministre de l’Outre Mer François Baroin a été reçu en grande pompe à Sint-Maarten, et chaleureusement à St-Barth contrairement à St-Martin où l’atmosphère était plutôt tendu. Comment interprètes-tu cela du haut de ton Baobab ?
Jabiru. De ce point de vue le constat est visible à l’œil nu. Mais il n’est pas indispensable d’être perché sur un Baobab pour s’en rendre compte. Contrairement au sud de l’île, le nord a un handicap majeur sous le manteau partagé de St Martin. Il ne tire pas les mêmes profits (pour des raisons objectives) que du côté de Philipsburg sur les flux de l’industrie touristique.
Pas de port en eau profonde pour les marchandises et les bateaux de croisières. Pas de longueur de piste internationale pour les avions. Donc pas de péages.
Voilà pourquoi la structure du budget communal est déficitaire (26 millions d’euros) et l’atmosphère morose. Les droits de quai à St Barth suffisent à l’équilibre d’une économie à démographie malthusienne. Le niveau de vie moyen des Babaths étant supérieur au 75% du Pib européen, ils ne revendiquent pas les fonds européens.
Les acteurs locaux à Marigot ont tenu un rôle protestataire, face aux points noirs le ministre de tutelle a focalisé sa réponse au niveau du calendrier parlementaire. Une politique de petit pas. Comme si ce dossier engagé par Brigitte Girardin n’avait jamais été le sien …
Opéra : En 2012 Saint-Martin pourra prétendre à l’autonomie. 6 années de mise à l’épreuve seront elles suffisantes ?
Jabiru : Du fait de l’absence totale de projet de société, sérieusement je ne le pense pas. C’est plus facile de couper du bois, on voit tout de suite le résultat ! L’autonomie, c’est celui de l’âge adulte. Il passe par l’apprenti / sage sur le transfert des nouvelles compétences.
Par exemple, le contrat de ville avec l’état (2000 – 2006) a amplement démontré qu’il n’y avait pas de pilote local dans l’avion, ni d’engagement sérieux des sous préfets en passage triennal. Le comble, c’est que l’élu en charge de ce dossier vient d’être nommé président de l’Aéroport de Grand Case.
Opéra : Mr Fleming Louis Constant a déclaré que la nouvelle collectivité devra stabiliser la population, attirer la richesse et non la pauvreté. Que penses-tu de cette déclaration ?
Jabiru : Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Nous sommes dans un rapport Nord Sud. Les tropiques dépouillés de leur peau se maquillent de bronzage. Depuis une vingtaine d’années, la société villageoise saint-martinoise a perdu ses repères. Les anciens conservent cette nostalgie d’une société sans délits. Le poumon économique de l’île et la croissance sont du côté de Philipsburg. Le smic horaire est à 3,60 €. Autrement dit, pour faire fructifier les investissements dans la construction, il faut de la main d’œuvre corvéable. Besoin de gardiennage privé pour protéger les biens des riches, emplois – au noir- de femmes de ménage et jardinier.
N’est-ce pas la coutume des héritiers de diviser pour régner ?
Opéra : Daniella Jeffry parait bien seule dans son propre combat. Pourrais tu donner ton opinion concernant son dernier livre « Le scandale statutaire de l’île de SXM ».
Jabiru : Une personne libre est celle qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée. Respect. Elle reste fidèle à son rôle de Sentinelle en décrivant les mouvements des girouettes. Le genre « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les instigateurs … ». Pour celles et ceux que la chose publique intéresse, ce livre devrait les inciter à s’engager autrement que par le simple suffrage. Les futurs comités de quartier sont prévus pour ça.
Opéra : Les avantages sociaux, RMI, CAF, ASSEDIC… seront-ils mis en cause un jour par la nouvelle collectivité ?
Pourquoi personne n’a jamais parlé de cet aspect des choses ?
Jabiru : Sur les enjeux de la politique sociale où l’état providence est censé réguler les défaillances du marché, Jean Luc Plumasseau et Alain François se sont exprimés ( n° 32 du Week magazine). Les clivages sociaux : riches/pauvres, propriétaires/locataires, travail salarié/travail non déclaré, familles stables/ enfants livrés à eux-mêmes … composent le tissu social d’une société contrastée, comme partout sur notre village planétaire. Rien de neuf sous le soleil … Le peuple caribéen trouve souvent un refuge stabilisateur dans les églises et la lecture biblique.
Cette politique sociale gérée par le département est transférable à la nouvelle Collectivité.
Pour l’affiliation à la sécurité sociale, aux caisses de retraites complémentaires et à la sadique, les cotisations et les droits afférents restent dans le droit commun du rapport salarial.
Opéra : Dernière question de société. Quelle est la place des jeunes dans tout cela ?
Jabiru : Réaliser dans l’âge d’homme les rêves de la jeunesse, c’est une définition possible du bonheur.
JABIRU